| Brule O mon âme que je puisse me libérer du joug des karmas éternelles...brule et prends ton envol, loin de ce monde fragile et éphémère! ...brule et qu'importe les souvenirs que tu laisse derrière toi,sache que ce ne sont que des songes trompeurs et des illusions perdues...brule encore et encore jusqu'à l'ultime libération...la renaissance...dans un monde de liberté...
Du plus profond de mon sommeil j'avais le sentiment confus que quelque chose n'allait pas, vous savez comme si mon instinct me soufflait qu'un changement eut lieu . Certes c'était encore confus dans mon esprit qui voguait dans les limbes oniriques mais avant même d'ouvrir les yeux je sus que je n'étais plus dans mon palais où je me reposai après des jours de voyage. Je pense que quiconque d'entre vous peut avoir ce sentiment car chacun a son propre havre qu'il considère unique et dont l'atmosphère est source de paix intérieur et même avec les yeux fermés il saura s'il s'y trouve encore ou non !
Ainsi après une mure réflexion car je ne m'étais pas décidé à quitter le doux royaume de Morphée je résolu donc d'ouvrir les yeux. Hébété je du cligner deux ou trois fois mes paupières pour éviter d'être aveuglé par les rayons de soleil qui s'infiltraient à travers les rideaux de soie. N'y pouvant plus car une certaine appréhension commençait à germer en moi je levai ma tête afin d'explorer les alentours; oui, je me doutais bien que je ne me trouvais plus dans ma chambre mais cet endroit me parut encore plus étrange car je ne me souvenais d'aucun endroit pareil dans mon royaume.
La première chose que je vis c' est un pupitre de marbre sur lequel était accoudé un homme qui me semblait incarner l'image même de la vieillesse; il avait une longue barbe blanche qui touchait le sol et les rides sur son front étaient comme une marque de la sagesse qu'il avait accumulé. Il était occupé à écrire avec une plume légère et de temps à autre ajoutait la feuille qu'il venait de couvrir d'une écriture gracieuse à des feuilles entassées sur une petite table, placée devant la fenêtre à portée de sa main. Quelques unes étaient éparpillées sur le sol.
Il semblait si concentré dans sa besogne qu'il ne remarqua guère ma présence, je dus attendre patiemment qu'il le fasse alors je laissai errer mes yeux dans cette mystérieuse chambre. La première impression que j'eus c'est que je devais me trouver dans une tour quelconque, les murs étaient circulaires et malgré mes tentatives pour trouver une issue de sortie je n' aperçu aucune porte mais seulement une fenêtre en hauteur laissait filtrer les premières lueurs de l'aube. Tous les aménagements de la pièce respiraient l'ordre et la beauté et je ne sais quoi de subtil qui me donnait une sensation de chimère; il y' avait là quelque chose d'irréel que je me crus dans un rêve ! Un miroir accroché à coté de l'inconnu renforçait cette sensation; elle reflétait une myriade de couleurs semblables à un kaléidoscope d'arc en ciel, des géométries lumineuses de formes déformées miroitaient devant mes yeux et hypnotisaient mon esprit. Un sentiment de paix intérieur s'empara de moi cependant le toussotement de l'inconnu me tira de cette sorte de léthargie et je tournai la tête vers lui.
- Quel est cet endroit ? demandai-je, et qui êtes vous ?
Pris au dépourvu il leva sa tête avec un air étonné.
- Qui êtes vous, repris-je, et qu'est ce que je fais ici ?
Il me fixa pendant un instant, sous le froncement de ses sourcils broussailleux, et puis sa physionomie s'adoucit jusqu'au sourire. Du doigt, il m'indiqua un siège près de la table.
- Personne , vous me regardez écrire ! répondit-il avec un air malicieux
Bon j'avais affaire à un plaisantin qui ne manquait pas d'humour !!
- Et qu'est ce que vous écrivez de si intéressant ? - Le Destin évidemment
Cette réponse aussi improbable me laissa perplexe, je regardais avec une certaine méfiance ce pauvre qui a du perdre toute sa raison; il observa tous les changements de ma physionomie avec un air impénétrable semblant lire dans mes pensées.
- Vous voulez lire ?
Il déposa devant lui une nouvelle feuille de papier tout en me regardant. Je parcourus des yeux son sanctuaire, et revins à la petite table et soupirant je pris la première à portée de ma main.
- Très bien! dis-je, en prenant mes aises.
Dés que je plongeai mon regard dans le manuscrit un flash aveuglant se répandit à travers l'espace et m'obligea à fermer de nouveau mes yeux, je restai ainsi quelques temps et reprenant mes esprits j'eus le souffle coupé ! Devant moi s'étendait un paysage que nul n'est capable d'imaginer; verdoyant , couvert de collines et parsemé d'arbres de toutes sorte, du haut de ce promontoire qui devait être une montagne quelconque je pris mon temps afin d' admirer le magnifique coucher du soleil qui tentait l'horizon avec une couleur pourpre inégalée.
Soudain un cri d'alerte fut jeté, mon cœur se mit à battre tandis qu' apeuré je cherchais d'où ça pouvait venir; surgissant de je ne ne savais où des hommes vêtus de lourdes armures montraient quelque chose au loin. Tournant la tête je dus rassembler tout mon courage pour affronter la vision qui s'offrait à moi; un gigantesque dragon aux griffes acérés semblait m' avoir pris pour cible ! Je n'eus que le temps de lever les bras dans un geste futile de protection tandis que des pensées macabres tourbillonnaient sans cesse dans mon esprit affolé," c'est la fin ! Je vais mourir ! " Le temps que je réalise l'absurdité de la situation car les dragons n'existaient plus dans mon royaume, victimes des chasseurs-paladins,un autre flash m'enveloppa me sauvait in extrémis d'une mort affreuse !
- Où est ce que je suis encore tombé ?
Je regardais d'un œil morne l'étrange assemblée qui débattait d'un sujet qui semblait intéressant vu l'extrême attention que portait ces inconnus à celui qui était entrain de parler, fronçant les sourcils je voulus écouter mais son dialecte m'était incompréhensible, c'est alors que je remarquais qu'ils portaient une sorte de toge blanche et une branche de laurier couronnait leurs augustes fronts. Puisant dans mes souvenirs je conclu que je ne connaissait aucun peuple dans mon monde qui avait ces particularités !
Cela fait maintenant des jours, non des siècles peut être que j'étais perdu dans les limbes mystérieuses, marchant d'un pas incertain sur des chemins inconnus et malgré toutes mes tentatives pour m'en échapper je ne pu le faire ! La roue du Destin tournait encore et encore sans me donner de répit , le jour et la nuit se succédaient sans aucune raison tandis que je sentais mon esprit perdre peu à peu le sens de la réalité. Suis je en vie ou bien mort ? Est ce un cauchemar ou bien un enfer ?
J'avais compris que le déclencheur est ce flash qui survint à l'improviste, au moment où je m'y attends le moins, parfois même lors de danger extrême, mais j'ignorais qui en était l'origine. Du plus profond de ma mémoire un écho lointain semblait me rappeler une chose confuse; une tour … Un vieux mage …le Destin ... une quête ?... confusément je sentais que quelques chose clochait.
Je fis arrêter mon cheval et prenant une profonde réflexion pour réfléchir à ce qui m'arrive, j'occultais le fait que je suis un chevalier commandité par le roi pour une mission de la plus haute importances dans les terres de Rwahan. De toute façon cette existence n'était pas la mienne; à chaque nouvelle incarnation ( c'est le phénomène qui résulte de chaque flash ) mes souvenirs passés se fanent peu à peu. Après un certain temps je me mis à tourner en rond comme un lion furieux prisonnier de sa cage, avec le sentiment d'impuissance qu'on a lorsqu'une chose est si proche de vous que vous n'avez qu'à étendre votre main pour l'avoir mais qui se distille comme une nuée, une illusion !
Soupirant je regardais avec un air mélancolique les étoiles étincelantes qui semblaient comme un diadème ornant le front de la belle déesse de la nuit. Diadème ...je me frappai le front on me rappelant. C'était évident ! j'avais au cours de mes voyages oniriques remarqué un symbole étrange marqué sur un talisman en forme de disque qui se répétait toujours avec la même exactitude, dans n'importe quelle époque où je me trouvais; il était évident qu'il n'était pas là par hasard ce devait être une la clef de ce mystère !
La cité était en proie à des flammes impitoyables qui brulaient tout ce qui ce trouvait à sa portée, les gens déambulaient dans les ruelles en proie à une panique extrême tandis qu'au loin les grondements du volcan s'intensifia, dans peu de temps il crachera sa lave infernale condamnant les quelques survivants qui ne sont pas morts asphyxiés. Je me dépêchais dans la direction du temple dans lequel je crus apercevoir le symbole, je ne savais pas si ça allait marcher mais je pris le risque. Arrêtant un homme je l'harcelai de questions pour connaître le chemin à prendre mais le pauvre avait perdu sa raison, il débitait des paroles insignifiantes
Après bien des peines j'arrivais enfin à destination, les lourdes portes cédèrent finalement après mes coups car j'étais arrivé au point du désespoir, je voyais la terrible faucheuse qui avançait lentement mais surement !
Enfin ! Je couru à perdre haleine vers la statue en or sur lequel était accroché le talisman, d'un geste assuré j'escaladais le monument tandis qu'au loin le terrible volcan commençait son éveil. Je sentais que la statue allait se briser sous mes pieds à cause de l'extrême chaleur qui régnait, fermant les yeux je tentai le tout pour le tout; m'élançant dans le vide je voulais m'accrocher à cet artefact. Mon ultime espoir pour échapper à ce cauchemar sans penser aux conséquences que je risquerais si je me trompais !
Le flash …
- Alors jeune homme, qu'en dites vous ? - ... Mes mains tremblaient légèrement tandis que j'ouvrais mes yeux sur le même décor qu'auparavant, je constatais que je n'avais pas bougé de ma chaise et que je tenais toujours la même feuille.
-Que...
Levant d'un geste solennel sa main il m'interrompit.
- Ce que tu as vécu ou ce que tu as cru vivre n'est en fait qu'une illusion si réelle que tu as cru à son existence, d'ailleurs tout ce que tu vois ici n'est pas réel
Je pris le temps de me remettre de mes émotions afin d'assimiler ce qu'il venait de dire.
-La vie, l'existence, le destin qu'importe le nom utilisé ce n'est pas réel il n'y qu'un seul fait véridique ; nous sommes un songe, une illusion cosmique crée par une entité infiniment sublime, infiniment divine..infiniment éternelle .
Devant mon air outragé il ajouta d'un air sombre :
- Vous, moi , tous ceux qui se croient exister ne le sont pas ! La vie ; ce n'est que l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité.
-Vous divaguez !!
Plein de rage je me levai afin de quitter cet endroit qui m'horripilai à présent.
- NON ! je suis bien vivant et je vais le prouver, je suis libre de mon choix, je créé mon propre Destin !
Je criais, enfonçais mes ongles dans les parois des murs pour me frayer une issue. Renversais les meubles, arrachais les draps du lit dans lequel j'étais allongé,en proie à une rage terrible et des sentiments intenses; haine , colère , tristesse ...je voulais retrouver ma liberté perdue...Rendez la moi !!
...
Est ce la fin ou le commencement ?
Et vous que feriez vous si un jour on vous dévoile cette vérité ? |